Visite de Semur-en-Auxois
- Départ 8 h 15 du Centre Nautique de Chalon-sur-Saône direction Semur-en-Auxois
- 10 h 00 : Visite guidée du musée municipal de Semur
- Déjeuner
- Visite guidée de la ville de Semur, cité médiévale (incluant la collégiale sous réserve de l’absence d’office religieux ce jour là).
- Départ vers 17 h 00 de Semur et retour à Chalon-sur-Saône en fin de journée.
Prix par personne : 108 € (16 à 20 personnes) chèque à l’ordre de Lux-Voyages
4 € chèque à l’ordre de l’UTB (pourboires)
Le musée de Semur en Auxois
A l’origine du musée de Semur-en-Auxois se trouve une école de Dessin, Sculpture et Architecture fondée en 1833 et installée dans l’ancien couvent des Jacobines. Le peintre Étienne Bouhot prend la direction des lieux l’année suivante et pose les bases du futur musée. Les envois d’œuvres et dépôts de ses amis artistes servent de modèles aux élèves et constituent le cœur historique des collections.
Les collections d’archéologie, issues des fouilles de la région, ou de sculptures médiévales, provenant des édifices religieux de Semur, complètent peu à peu ce premier noyau.
En 1866, le musée s’enrichit d’une section Histoire Naturelle, notamment grâce au don d’un ensemble exceptionnel de plus de 10 000 échantillons géologiques, patiemment récolés par trois personnalités et membres de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Semur-en-Auxois (Bréon, Collenot et Bochard). Une salle spécialement aménagée pour ces éléments s’affirme aujourd’hui comme un modèle du genre par sa muséographie du XIXe siècle ; c’est une référence internationale en tant qu’étage du Sinémurien (couche géologique qui porte le nom de Semur-en-Auxois).
Le musée contient également une galerie des plâtres, constituée des plâtres originaux du fonds d’atelier d’Augustin Dumont, sculpteur parisien, légués à la ville en 1884 (notamment le Génie de la Liberté).
En salle Beaux-Arts, d’autres plâtres originaux sont exposés, aussi bien ceux de Dumont que de Clodion, Travaux, Dampt et Creusot. De nombreuses peintures sont accrochées dans cette salle, allant du XVe au XXe siècle : Vignon, Corot, Boilly, Bouhot, Nesle, Rémond, Caruelle d’Aligny, Raverat, Vallayer-Coster, Devosges, Maire…
La ville médievale de Semur en Auxois
Semur est donc au Moyen Âge donc une ville de moines et de clercs et un centre administratif ducal, mais aussi un foyer économique de première importance pour la région, avec ses marchés et surtout ses foires annuelles pour lesquelles existaient des structures permanentes et dont le clergé d'un côté, le duc de l'autre, se partageaient les revenus provenant des taxes. Le monde des marchands et des artisans s'organisa à la fin du Moyen Âge en corporations de métiers. Dans l'église collégiale Notre-Dame existent d'ailleurs toujours une chapelle des drapiers et une chapelle des bouchers. Ce petit monde pouvait être assez turbulent lorsqu'il s'agissait de revendiquer un peu d'indépendance. Le duc Robert II (1272-1306) accorda aux bourgeois une charte de franchise (1276), le maire restant nommé par le duc. Le château de Semur fut aussi reconstruit et le bourg fermé par une enceinte qui se révéla très utile lors des nombreux troubles occasionnés par les guerres aux XIVe-XVe siècles. Lors de l'intégration de la Bourgogne dans le royaume de France, Semur fut même assiégé par les troupes de Louis XI (1478). Outre la collégiale Notre-Dame, joyau de l'art gothique rayonnant bourguignon, le complexe défensif est d'ailleurs ce qui donne à Semur-en-Auxois son aspect médiéval et lui confère un intérêt exceptionnel comme témoin d'une époque.
La collégiale Notre Dame
Cette église priorale et paroissiale, dont le plan au sol est en croix latine, est dotée d'une nef à trois vaisseaux de sept travées, d'un transept et d'un choeur à trois niveaux. C'est l'une des principales églises de style gothique rayonnant de la région. Elle fut commencée aux environs de 1225 selon la plupart des spécialistes et même peut-être dès les années 1218-1220, selon Anne Prache, puis terminée, pour l'essentiel, vers 1260, mais les travaux se poursuivirent jusqu'au XIVe siècle, avec, en particulier, la construction de la tour nord. Anne Prache distingue au moins deux phases de construction : l'une couvre les années 1220-1235 environ (le choeur et le transept au moins partiellement), la seconde, qui commence au mur ouest du transept et concerne la nef, s'étendant des années 1240 à 1260 environ. Le maître d'oeuvre s'est inspiré de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre, dont le chevet était bien avancé vers 1225, pour construire celui de Semur, mais aussi de l'église Notre-Dame de Dijon. C'est notamment, comme le rappelle Denise Borlée, l'usage du délit qui traduit cette filiation. Toutefois, le maître d'oeuvre, comme souvent au Moyen Âge, ne s'est pas contenté de reproduire purement et simplement des édifices ou des plans déjà connus. De la sorte, les grandes dimensions des fenêtres hautes sont un marqueur original de l'église Notre-Dame de Semur. D'ailleurs le parti a semble-t-il été modifié au cours de la construction, puisque la nef ne compte que deux étages et que le caractère élancé de celle-ci ne laisse pas de surprendre, compte tenu de la faible largeur du vaisseau. On le voit aussi au niveau du triforium de la nef, qui ménage un passage devant les grandes baies, à la différence des monuments précédemment cités. La façade appartient quant à elle à une campagne de la fin du XIIIe siècle.